Les niveaux admissibles de tritium dans l’eau potable, selon la réglementation canadienne, sont plus élevés que les niveaux admissibles aux États-Unis et en Europe. Puisque le tritium ne peut être enlevé de l’eau par filtration, est-ce que cela signifie que les Canadiens seront plus exposés à développer des maladies et des cancers provoqués par le rayonnement? Le gouvernement prétend que nos réserves d’eau souterraine ne sont pas contaminées et que, de toute façon, elles ne sont pas utilisées pour la consommation humaine. Est-ce que cela veut dire qu’elles sont contaminées, ou pas? Est-ce que cela pose un danger pour l’environnement?

C’est vrai que les limites au Canada sont plus élevées que dans d’autres pays, comme les États-Unis. Toutefois, cela ne signifie pas que les Canadiens sont plus susceptibles à développer des cancers ou d’autres effets des rayonnements. Les lignes directrices portant sur ces limites sont énoncées par Santé Canada et elles se retrouvent dans les « Recommandations pour la qualité de l’eau potable au Canada ». La limite au Canada est fondée sur les notions internationales de radioprotection, incluant les données de la Commission internationale de protection radiologique et de l’Organisation mondiale de la santé. Certains pays ont choisi d’utiliser des données légèrement différentes dans leurs calculs, ce qui entraîne des limites différentes. Par exemple, tandis que les limites aux États-Unis sont plus faibles que celle du Canada, les limites australiennes sont plus élevées.

Le document de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) : « Normes de et recommandations sur le tritium dans l’eau potable », explique ces différences en plus de détails. Le Canada a choisi d’utiliser une dose de référence de 0,1 mSv par année pour limiter le tritium. C’est 10 % de la limite générale de dose de rayonnement pour le public. Elle est de 20 à 30 fois plus faible que la quantité totale de radiation qu’une personne recevrait dans un an à partir de toutes les sources de rayonnement naturel.

Récemment, le gouvernement de l’Ontario a envisagé une baisse des limites de tritium pour la province. En réponse à cette proposition, l’ACRP a publié un document de prise de position où elle démontre qu’il n’existe aucune nécessité d’abaisser ces limites. Plusieurs raisons motivent notre position, entre autres le fait qu’il n’y a aucune base scientifique pour justifier la réduction proposée.

Comme vous pouvez le voir sur cette page d’information du site Web de la CCSN, il peut y avoir des zones où les concentrations de tritium dans les eaux souterraines sont plus élevées que d’autres, mais cela est dû à des activités historiques et les emplacements concernés sont bien connus. Il est maintenant interdit d’éliminer du tritium directement vers les eaux souterraines. Toute source d’eau souterraine qui présente des niveaux élevés de tritium n’est pas utilisée comme source d’eau potable et ne présente donc pas de risque pour la santé publique.

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